La loi arrive, aujourd'hui, devant les députés. Deux mesures phares pour la distribution : implantations plus faciles ; possibilité de négocier les tarifs des fournisseurs.
Les implantations plus faciles
Jusqu'à 1 000 m2 de surface, contre 300 m2 aujourd'hui, un nouveau magasin ouvrira sans avoir à demander d'autorisation.
Qui en profitera ? Les petits supermarchés comme Atac (Auchan), Champion (Carrefour). Surtout, les hard discount des allemands Aldi et Lidl. Ils ne détiennent encore que 14 % de parts de marché en France, contre plus de 50 % en Allemagne, pionnière en la matière, et leur surface moyenne tourne autour de 650 m2. Certaines enseignes vont jouer sur tous les tableaux. Intermarché annonce le doublement, dans les prochaines années, de ses hard discount Netto (de 400 à 800) et le passage de 350 à 500 de ses magasins de proxi-mité Écomarché (Le Figaro d'hier).
Qui en souffrira ? Le petit commerce. Les précédentes lois, censées le protéger, sont un échec.
Qui râle ? Certains maires. Jusqu'à 1 000 m2, ils auraient moins de prise sur la nature de l'activité des nouveaux magasins. Mais ils pourraient jouer des règles d'urbanisme concernant l'environnement et l'architecture et d'un droit de préemption.
Les enseignes pourront négocier les tarifs des fournisseurs
Jusqu'ici, les industriels proposent aux enseignes des tarifs identiques. Le système a été contourné grâce aux « marges arrière » (ristournes pour services fictifs) allant jusqu'à un bon tiers du prix. Le distributeur obtient des remises en échange de prestations plus ou moins réelles (place dans le rayon, présence dans les catalogues, promotions, etc.).Depuis mars, la loi Chatel a ouvert la voie à une répercussion de ces « marges arrière » dans les prix de vente aux consommateurs. C'est une nouvelle étape : l'enseigne qui obtiendra un tarif plus avantageux pourra en faire profiter pleinement ses clients.
Qui en profitera ? A priori, le consommateur. La FCD, qui fédère de grandes enseignes, table sur une baisse des prix de 2 %. Les enseignes, Leclerc en tête, se frottent les mains. Elles y voient un rééquilibrage du rapport de force avec les très grands fournisseurs, style Nestlé ou Procter et Gamble (Gillette, Pampers...).
Qui râle ? Les entreprises agroalimentaires - les PME, surtout - et les agriculteurs. Ils ne font pas le poids vis-à-vis des cinq centrales d'achats en France.
La concurrence va-t-elle augmenter ?
C'est le but avec, en corollaire, une baisse des prix. Même si la France n'est pas si mal placée que cela, selon la Commission européenne : plus 5,6 % dans l'alimentaire, chez nous, d'avril 2007 à mars 2008, contre 6,2 % en Belgique, 7 % en Allemagne (6,9 % pour la moyenne des Vingt-Sept). Les enseignes communiquent à fond sur la bagarre pour le pouvoir d'achat, mais leurs prix ont globalement progressé de 5 % au cours des douze derniers mois.
C'est vrai, la concurrence se développe : le magazine spécialisé LSA chiffre à 3,8 millions le nombre de mètres carrés supplémentaires autorisés l'an dernier. Mais l'UFC-Que choisir estime qu'une zone de chalandise sur quatre est dominée par une seule enseigne.
Hervé BABONNEAU.
Mon avis:
Plus de liberté pour les grandes enseignes mais il faut faire attention au commerce de proximité qui disparait de plus en plus vite. des lois ont été crées pour le sprotéger mais aujourd'hui on se demande à quoi elles servent.
je suis pour le développement des magasins de grandes enseignes mais pas pour la disparition du petit commerce il faut trouver un juste milieu pour sauvegarder l'existence de chacun.